Les Bains d'İncirli (Bakırköy, Istanbul) sont un hammam dans ce quartier dont le nom signifie « figuiers » — une référence aux vergers qui recouvraient autrefois les collines proches de la mer de Marmara, avant l'urbanisation du XXe siècle. İncirli conservait jusqu'aux années 1970 des maisons de bois ottomanes à bow-windows et des jardins plantés de figuiers, de mûriers et de vignes — le paysage du maraîchage péri-urbain ottoman qui disparut avec le béton. Ce hammam de quartier, construit en pierre de taille sur un plan classique (soğukluk-ılıklık-sıcaklık : vestiaire froid, espace tiède, salle chaude), servait les résidents de toutes communautés dans le respect du rituel balnéaire ottoman — le bain du hammam précédant traditionnellement la prière du vendredi pour les hommes, et le bain d'apparat précédant les mariages pour les femmes. L'odeur du savon noir et de la vapeur de ces bains du quartier des figuiers appartient à la mémoire collective d'un Istanbul disparu.
Le conseil — Les bains İncirli (« du figuier ») de Bursa tirent leur nom des anciens figuiers qui ombrageaient autrefois le quartier, dans la première capitale ottomane, où la tradition du hammam impérial atteignit son expression la plus précoce et la plus formatrice. Dans la ville dont le théâtre d'ombres Karagöz, le marché de la soie ottoman et les sources thermales datent tous de l'ère fondatrice de l'empire, les bains İncirli incarnent un bain de quartier dans une ville dont tout le tissu urbain historique est un extraordinaire musée vivant de la civilisation ottomane primitive.