« Beyseri » compose « bey » (seigneur, notable) et peut-être « saray » (palais) ou « su » (eau) dans une contraction dialectale. Si la lecture est « Bey Suyu » — l'eau du seigneur — ces bains étaient alimentés par une source appartenant à un grand propriétaire local qui céda ou vendit le droit d'eau pour la fondation du hammam. Dans le droit hydraulique ottoman, la propriété des sources était un enjeu crucial : les wakf (fondations pieuses) négociaient âprement les droits d'eau avec les seigneurs fonciers. Le bain du Bey doit son nom à ce fait fondateur — l'acte de générosité ou de commerce qui permit à la communauté d'accéder à l'eau thermale.
Le conseil — Hammam Beyseri à Antakya (antique Antioche-sur-l'Oronte), l'une des plus grandes villes de l'Empire romain d'Orient. Fondée par Séleucus Ier en 300 av. J.-C., Antakya fut le berceau du christianisme (premier usage du terme 'chrétien'). La ville, à la croisée des cultures turque, arabe et arménienne, est réputée pour sa cuisine et ses mosaïques romaines (musée de l'Archéologie).