Les Hammams de Chio (Χίος) sont les témoins thermaux de l'époque ottomane sur l'île qui fut l'une des plus prospères de l'Égée — ancienne colonie génoise (1346–1566) réputée pour le mastic (résine du lentisque, monopole mondial de Chio), le marbre de Naxos transbordé dans ses ports et la famille Zénobio qui commerçait avec l'Occident. Après la conquête ottomane (1566), les bains publics s'ajoutèrent à la mosquée, au bazar et au caravansérail pour compléter l'infrastructure urbaine islamique. Les hammams chiotes combinent influence génoise-baroque et savoir-faire ottoman de l'école byzantine d'Anatolie. La tragédie de 1822 — massacre par les Ottomans d'une grande partie de la population chrétienne — est immortalisée par Delacroix dans ses Massacres de Chio (Louvre).
Le conseil — L'île de Chios fut l'une des îles ottomanes les plus prospères — l'unique source de résine de mastic (qui ne pousse que sur les lentisques de l'île), conférant à Chios une importance commerciale telle que les Ottomans protégeaient ses villages du mastic avec un soin exceptionnel. Les hammams du château de Chios sont des monuments ottomans dans une ville qui connut le massacre de Chios de 1822 — le carnage de 100 000 Grecs qui horrifia l'opinion publique européenne, inspira le célèbre tableau de Delacroix et devint un événement déterminant de la guerre d'indépendance grecque et du philhellénisme.