Les Bains de Hoca Hasan (Professeur Hassan) portent le nom d'un homme de savoir — hoca (du persan khwāja = maître, professeur) désignait dans la terminologie ottomane un érudit religieux ou un professeur de medrese (école coranique), un homme dont la respectabilité sociale était fondée sur la connaissance plutôt que sur la richesse militaire ou l'origine tribale. Un hoca qui fondait un hammam exprimait l'aspiration des hommes de science à participer à la vie matérielle et charitable de leur communauté — non seulement en enseignant le savoir divin mais en offrant la pureté corporelle. Hasan (du prénom arabe Hasan = beau, bon), nom du petit-fils du Prophète, est un des prénoms les plus courants du monde islamique. Ces bains du Hoca Hasan, dans leur ville anatolienne, perpétuent le geste de générosité d'un professeur qui pensait que le corps propre et l'esprit éduqué allaient de pair.
Le conseil — Harput est un ancien village-citadelle au-dessus de l'actuelle Elazığ, dans l'est de la Turquie — habité depuis l'âge du bronze, avec des monuments urartéens, arméniens, byzantins et ottomans sur un même sommet rocheux dominant la vallée de l'Euphrate. Les bains Hoca Hasan, dans cette forteresse de montagne chargée d'histoire, desservent une communauté dont l'histoire embrasse la totalité de la civilisation anatolienne, des rois de l'âge du bronze aux massacres des Arméniens de 1915 qui transformèrent à jamais ces anciennes collines au-dessus du grand fleuve.