Les Bains de Humbarahane (Beyoğlu, Istanbul) tirent leur nom de l'atelier d'artillerie installé dans ce secteur — humbara (de l'italien bombarda) désignant la grenade dans le vocabulaire militaire ottoman. Le Humbarahane était un dépôt et atelier de fabrication de projectiles pour l'artillerie, dont la modernisation devint urgente après les défaites militaires des XVIIe-XVIIIe siècles. Beyoğlu (l'ancien Pera) était le quartier européen d'Istanbul — ambassades, hôtels, théâtres et Grande Rue de Pera — où les techniciens militaires européens (artilleurs français, ingénieurs hongrois convertis) transmettaient leur savoir aux Ottomans. Ces bains servaient les ouvriers et techniciens de l'atelier dans un quartier à la croisée des cultures militaires ottomane et européenne, à l'époque des grandes réformes qui tentaient de sauver l'Empire de la modernisation forcée. La vapeur du hammam côtoyait ici l'odeur de la poudre à canon.
Le conseil — Hammam Humbarahane (fonderie/atelier de grenades/obus) à Eyüp/Kasımpaşa, Istanbul. La Humbarahane était l'atelier militaire ottoman produisant les grenades (humbara) et autres projectiles d'artillerie. Ce hammam desservait les ouvriers et soldats de cet arsenal militaire ottoman installé dans la zone portuaire du Corne d'Or.