Le Bain d'Israfil Agha porte le nom de l'ange Isrâfil (اسرافيل) — dans l'eschatologie islamique, l'ange chargé de souffler dans le Sûr (la Trompette) pour signaler le Jugement Dernier. Isrâfil est absent du Coran mais présent dans les traditions (hadith) et la littérature religieuse islamique — il soufflerait une première fois pour annoncer la fin du monde, une seconde fois pour la résurrection. Porter ce nom angélique comme prénom est courant dans l'islam caucasien (azerbaïdjanais, géorgien, daghestanais). « Agha » (ağa en azerbaïdjanais) est l'honorifique désignant un notable, un propriétaire terrien ou un ancien combattant respecté. Ce bain de Israfil Agha ancre l'eschatologie divine dans le quotidien thermal de la communauté.
Le conseil — Qax (Kax), au nord-ouest de l'Azerbaïdjan, est un district de dense forêt caucasienne, d'influence culturelle géorgienne et des Tsakhurs — un petit groupe ethnique doté de sa propre langue, unique à ce coin du Caucase du Sud. Le bain Israfil Agha préserve la culture du bain d'une région où communautés azerbaïdjanaise, géorgienne et tsakhure ont coexisté dans un paysage de montagne boisée d'une diversité écologique et culturelle extraordinaire, au point de rencontre de trois peuples et cultures du Caucase du Sud.