Le Hammam du Hâj Agha Torab porte le titre le plus chargé socialement de l'Iran traditionnel : « Haj » (celui qui a accompli le pèlerinage à La Mecque), « Agha » (maître, honorifique) et « Torab » — ce dernier terme étant l'une des épithètes d'Ali ibn Abi Talib, gendre du Prophète (Abou Torab = Père de la poussière, surnom donné par le Prophète lui-même à Ali). Fonder un hammam après le retour du Hajj était un acte de piété courant dans l'Iran chiite : le pèlerin revenu de La Mecque et de Médine exprimait sa gratitude divine en dotant sa ville d'une infrastructure charitable. Le titre Haj Agha signalait dans la société iranienne un homme de foi, de voyage et de générosité.
Le conseil — Le hammam Haj Agha Torab se trouve dans la région de Malayer, province de Hamadan, dans les hautes terres de l'ouest de l'Iran, célèbres pour la production de raisin et de raisins secs et pour leurs exquis tapis tissés à la main. Le hammam préserve la culture du bain d'époque qadjare dans une région proche de l'antique Ecbatane, la capitale mède, où le climat frais des hauteurs et les profondes traditions agricoles entretinrent des communautés pour lesquelles le bain public était le chaleureux cœur social de la vie villageoise et urbaine durant les rudes hivers de l'ouest de l'Iran.